Le charme de nos maisons

STYLE ET ARCHITECTURE

 

s-29s_2

Cette série de portiques sur l’avenue Hingston , près de l’avenue Monkland s’inspire du style anglais d’architecture palladienne, lui-même inspiré de la Renaissance italienne du 16e siècle.

s-63s

Il y a des maisons remarquables par leur style ; d’autres le sont par leur emplacement. Ces maisons jumelées sur le boulevard Grand sont spéciales à tous points de vue. Le colombage au deuxième étage est dans le style Tudor ou élisabétain, tandis que le magnifique porche arché relève plus du style anglais. Le trottoir en retrait de la rue et les grands arbres ajoutent une atmosphère particulière à cette partie du boulevard Grand.

s-61s

Ce quadruplex des années 1930 reflète le mouvement moderne dans soin style lisse et propre, tout en restant dans le contexte de l’interprétation revivaliste du style anglais. Les hautes fenêtres françaises, la ferronerie du châssis des portes et la corniche réfèrent au style Régence de l’Angleterre des rois George.

 

s-28s

Ce portique sur l’avenue Marlowe représente une élaboration de l’antiquité gréco-romaine mettant en vedette un fronton grec soutenu par des colonnes lisses toscanes.

 

Les années 1910 et 1920 ont constitué le sommet de la construction de porches en bois à Montréal. De tous les quartiers, Notre-Dame-de-Grâce possède les meilleurs exemples. Par conséquent, Notre-Dame-de-Grâce est le grand perdant dans la dispariton tragique de tant d’oeuvres d’art remplacées par des balustrades en acier ou pire encore. La variété des porches est sans fin, chacun représentant un goût différent en architecture.

s-27s

Les duplex ont suivi l’exemple, partageant le même traitement que les maisons unifamiliales à l’exception de l’entrée double et du porche double. Cette demeure sur l’avenue Walkley a conservé tous les éléments de son magnifique porche, la vraie marque de Notre-Dame-de-Grâce.

 

s-25s

Il a fallu plus de 50 années (1910 à 1960) pour peupler Notre-Dame-de-Grâce de logements. Les deux guerres mondiales et la crise de 1929 ont fourni les seuls arrêts au processus de construction. Cette maison unifamiliale sur l’avenue Old Orchard constitue la structure de banlieue suburbaine quintessencielle des années 1910 et 1920 : forme italianiste, briques brunes rustiques avec du mortier teint, fenêtres en saillie, petites vitres, fondations en béton et un confortable retrait de la rue.

 

s-24s

En 1910 Notre-Dame-de-Grâce a été annexée à Montréal et est devenue éligible aux services publics (égoûts, conduites d’eau, trottoirs, etc…). La ruée vers la banlieue a commencé et les promoteurs ont envahi le quartier en masse pour acheter des terrains et bâtir des maisons. Ils ont donné le ton à Notre-Dame-de-Grâce en choisissant de construire des demeures unifamiliales ou jumelées ou des duplex. Cet exemple sur la rue Marcil figure parmi les premières maisons bâties par les promoteurs. La boiserie du toit de l’unité à gauche est maintenant cachée par des feuilles d’aluminium, mais le magnifique porche a été conservé.

 

s-65s

Le style anglais est resté populaire même dans les années 1950, comme le démontrent ces portes et balustrades du baroque anglais sur la rue Hingston.

 

s-30s

Cet unique porche sur l’avenue Vendôme combine des éléments japonais dans le style des Prairies et des colonnes classiques en paires liées par une balustrade à motifs rythmiques.

 

s-17s

Un autre exemple du cottage en bois, celui-ci plus urbain dans son architecture, montre comment ce style de logement était répandu. Située sur l’avenue Madison, près du coin de Somerled, ces maisons étaient jadis répandues partout dans Notre-Dame-de-Grâce mais sont disparues depuis.

 

s-34s

Ces duplex de l’avenue Marcil ont été construits avec assez d’espace entre les deux pour permettre aux autos de rejoindre les garages en arrière. Les garages ont peu à peu été incorporés dans les structures des maisons.

 

s-62s

Ce quadruplex d’influence espagnole sur l’avenue Terrebonne représente un autre style populaire dans les années 1920, surtout répandu aux états-Unis. Les briques peintes en blanc et les balustrades en acier ajoutent une touche d’authenticité.

 

s-64s

Ce simple quadruplex sur l’avenue Terrebonne est caractéristique en raison de ses intéressantes fenêtres palladiennes. Les lourdes portes en bois avec leurs fenêtres arrondies complémentent le dessin palladien.

 

s-68s

Des cheminées construites sur la façade caractérisent ces cottages anglo-hollandais sur l’avenue Kensington au sud de l’avenue Monkland.

 

s-67s

Ce duplexe sur l’avenue Kensington au sud de l’avenue Somerled a été construit en pensant à l’Angleterre du temps des Tudor. L’entrée a été construite pour lui donner une allure de maison unifamiliale.

 

s-66s-2

On retrouve souvent des aspects romantiques dans la construction de maison et il n’y a peut-être pas de meilleur exemple du « maître chez soi » que dans cette simple structure avec sa grande tour de château sur la rue Hingston. L’extension qu’on apperçoit à l’arrière de la maison a été construite autour de l’an 2000.

 

s-60s

Après un arrêt durant la crise économique de 1930, la construction a repris lentement vers 1937. Les styles avaient cependant changé et le mouvement moderniste a introduit un style profilé avec des façades plus simples et fonctionnelles. Ce quadruplex sur l’avenue Harvard reflète le nouveau goût pour les balcons arrondis, les balustrades en acier, les parapets sans ornement et la maçonnerie cannelée.

 

s-13s

Cette élégante maison de la belle époque, construite de briques écossaises importées, représente le côté riche de Notre-Dame-de-Grâce qui ne s’est jamais vraiment implanté. Elle est située au coin de la rue Saint-Antoine et de la rue Northcliffe. Les imposants lampadaires suggèrent qu’elle était autrefois la maison du maire.

 

s-4s

Site de la première ferme Décarie construite en 1698 et autrefois la maison de péage pour la compagnie routière, cet édifice caractéristique des années 1850 est maintenant une maison privée au coin des rues Vendôme et Côte Saint-Antoine.

 

s-12s

En raison de sa proximité à Montréal et de ses vues panoramiques, quelques montréalais nantis furent attirés par la communauté rurale qu’était Notre-Dame-de-Grâce. Ce manoir victorien représente une des rares traces de cette époque. Quoique sa vue panoramique soit maintenant perdue, cette pittoresque maison en pierre à cahaux sur la Côte Saint-Antoine constitue en elle-même une vue impressionante.

 

s-3s

Notre-Dame-de-Grâce a conservé quelques-unes de ses fermes. Généralement bien cachées derrière les maisons construites au début du 20e siècle, elles constituent de merveilleuses trouvailles pour l’explorateur urbain. La ferme Décarie en est une. Cachée derrière le coin des rues Vendôme et Notre-Dame-de-Grâce elle représente une ferme somptueuse des années 1860.

 

s-33s

L’édifice principal du Collège Loyola sur la rue Sherbrooke, qui maintenant fait partie de l’Université Concordia, est aussi impressionnant aujourd’hui que lorsqu’il a été construit en 1919.

 

s-70s

Le castor était favorisé par les promoteurs dans la décoration des maisons comme symbole de fierté canadienne. Utilisé partout à Montréal entre 1920 et 1950, il était coulé en ciment et posé dans une façade en brique. Les feuilles d’érable et les feuilles de lys sont d’autres symboles qu’on retrouve dans les édifices montréalais, souvent en combinaison comme c’est le cas ici à l’angle des rues Sherbrooke et Mayfair.

Ce castor décore un duplex situé au 3796 rue Girouard. Il a été conservé lors de rénovations,bien qu’il porte des traces de l’érosion dues à son âge.

Yvan Pelland, novembre 2008.

ypelland@n-d-g.com 

514-489-2780

 

 

s-69s

Les caractéristiques les plus durables d’un quartier se retrouvent dans les détails. Ce symbole sculpté en pierre indiquait l’entrée des garçons (séparée de celle des filles) à l’école St Augustine. L’école se trouve vis-à-vis l’église sur le chemin de la Côte Saint-Antoine.

 

s-71s

Cet oculus des années 1920 contient un précieux échantillon de l’art de l’époque. Le vitrail est une marque des années 1920 et les promoteurs étaient les meilleurs clients des verriers. Ce sont des touches comme celle-ci qui enrichissent une maison et un quartier.

 

LES CONSTRUCTEURS DE NOS MAISONS

Le quartier de Notre-Dame-de-Grâce a connu une période d’urbanisation spectaculaire au début des années 1910 jusqu’à ce que la Grande Crise économique ne viennent stopper la plupart des projets des entrepreneurs.

Les entrepreneurs furent assez nombreux et on cite les noms de Lambert, Asselin, Manseau, Hand, Hoolahan, Pilon et Gagné. Nos recherches effectuées auprès de descendants directs et indirects de ces développeurs nous permettent d’apporter un peu de lumière sur les auteurs des développements modernes du quartier.

Yvan Pelland,
agent immobilier

 

Conrad Manseau

Conrad Manseau fut l’un des constructeurs importants de l’époque. Associé à Philias Paré, lui-même marchand de bois de construction (Greer Lumber) Conrad Manseau, construisit d’abord sur des lots situés rue Marlowe et rue Melrose, entre la rue Sherbrooke et le chemin de fer situé en bordure de l’actuelle rue de Maisonneuve. Il utilisait les service d’un architecte du nom de White

L’avenir étant prometteur, M. Manseau décida d’acheter en 1928 une terre appartenant au cultivateur Turgeon, entre les rues Monkland et de Terrebonne, Coolbrook et Décarie. Il y construisit une soixantaine de maisons sur les deux côtés de la rue Coolbrook, et sept ou huit maisons rue Monkland, bordure sud de son terrain.

098

Photo de 1910 de Conrad Manseau alors professeur à Polytechnique. Né à Baie du Fèvre en 1882, décédé en 1958, Conrad Manseau avait une formation universitaire acquise à l’Ecole Polytechnique de Montréal. Il fut enseignant à Poly et aux HEC pendant 12 ou 15 ans avant de se lancer dans le développement immobilier. Il construisit un nombre considérable de maisons que nous retrouvons aujourd’hui rues Grey, Melrose, Brodeur, Monkland et Coolbrook.

Voici quelques-unes des plus belles maisons signées Conrad Manseau, rue Coolbrook :

160
161
162
163
164
165

Un coup d’oeil sur les façades bourgeoises de ces maisons nous montre bien le genre d’acheteurs que visait M. Manseau. Ses clients, nous dit son fils Alain, étaient pour la plupart des professionnels et des commerçants.

M. Manseau a mis un terme à ses activités de constructeurs en 1932 la clientèle se faisant rare pendant la grande crise économique. Il dut même reprendre quelques maisons qu’il avait déjà vendues en plus de rester pris avec les dernières maisons construites. Il devint, malgré lui, propriétaire-locateur jusqu’à la revente progressive de chaque propriété. 10 ans après la Crise, la deuxième Grande-Guerre temporisa encore l’ardeur des constructeurs. Nos remerciements à Alain, fils de conrad Manseau.

John Hoolahan

M. Hoolahan a construit des maisons sur quelques rues du quartier, mais son œuvre la plus remarquable est sans doute cette série de duplex jumelés construits sur la rue Oxford. Plusieurs de ces maisons appartiennent encore à la famille Hoolahan. La petite fille du constructeur, Stéphanie Hoolahan, habite et travaille dans le quartier comme agent immobilier.

Voici quelques-uns des duplex construits par John Hoolahan :

168

169

Victor Ephrem Lambert

Victor Ephrem Lambert s’est fait une solide réputation comme constructeur, réputation qui se vérifie encore de nos jours par la fierté des propriétaires de maisons qu’il a construites.

M. Lambert a acheté, en 1923, pour la somme de $275,000., la terre à melons de Théophile Décarie. La terre était située entre les terrains de Villa-Maria et la Côte-Saint-Antoine. Elle était bordée à l’ouest par une ligne située entre les actuelles rues De Vendôme et Marlowe et à l’est, par une ligne qui se trouverait derrière la rue Grey, à la frontière de Westmount.

1971
1981
199

S.D. Vallières

Quelques années auparavant, en 1912, Barthélémy Thélesphore Décarie avait cédé une terre voisine (entre les actuelles rues de Vendome et Décarie), héritée de son père Jérémie, à un développeur du nom de S.D. Vallières, pour la somme de $250,000. Nous savons peu de choses sur M. Vallières, sinon qu’il construisit entre autres des maisons plus modestes, situées avenue Northcliffe, au nord de l’avenue Notre-Dame-de-Grâce.

J.O. Asselin

Quelques maisons construites par J. O. Asselin

166

167

176

Le 4612-14 Wilson a été habité par M. Asselin lui-même. Comme de nombreux duplex du quartier, cette propriété a été convertie en co-propriété en 2002.

Fernando Pilon

Fernando Pilon, fils d’Omer, fut un constructeur très actif au cours des années 30. Ce constructeur affectionnait particulièrement les maisons disposées en « court » à l’anglaise. Fernando Pilon a construit des maisons à plusieurs endroits dans le quartier :

177

Fernando Pilon aimait disposer ses constructions en court à l’anglaise.

 

s-60s1

Fernando Pilon et son fils Fernand (qui habite toujours le quartier) ont emprunté le mouvement moderniste des années qui ont suivi la grande crise économique. Ce quadruplex qu’ils ont construit sur l’avenue harvard reflète le nouveau goût pour les balcons allégés et arrondis, les balustrades en acier, les parapets sans ornement et la maçonnerie cannelée.

 

173

Duplex rue Hampton

 

175

Quadruplex sur Somerled angle Harvard

104

Fernando Pilon exploitait un commerce d’épicerie dans un bâtiment qu’il avait construit à l’angle des rues Terrebonne et Coolbrook. Sa famille habitait un logement au dessus de son commerce. Cet immeuble existe toujours, cependant que cette portion de la rue fait aujourd’hui partie de la rue Côte-St-Luc

Chéri Gagné

Chéri Gagné aurait notamment construit une maison au coin sud est de Northcliffe et Notre-Dame-de-Grâce mais c’est surtout sur Grovehill Place qui s’appelait à l’origine la rue Tavernier, qu’il a laissé sa marque.

158

159

La rue Grovehill Place fut en effet construite suite à une vente de terrains vacants, le 23 juin 1928, par les Messieurs de St-Sulpice à Arthur Deguise, gérant du Queens Hotel du centre ville et à M. J. Laurent Côté de la rue Oxford. Elle fut d’abord baptisée rue Tavernier. Les lots furent revendus à Gagné Construction Ltée qui aurait été le maître d’œuvre de la plupart des maisons construite sur cette rue. Il n’est pas interdit de penser que la rue fut rebaptisée par ses développeurs pour lui donner un nom plus conforme à l’élégance des maisons qui y furent érigées.