Les paroisses

 

Notre-Dame-de-Toutes-Grâces 

Peuplée par les descendants de ses pionniers, Notre-Dame-de-Grâce grandit peu à peu. En 1818, à la suite d’un relevé détaillé, on y dénombre 454 personnes, tous paroissiens de la lointaine église Notre-Dame de Montréal. (Située Place d’Armes) On devine sans peine leur désir d’une église d’accès plus facile ; leur souhait, resté longtemps sans écho, fut enfin réalisé et le 6 juillet 1851, monseigneur Jean-Charles Prince bénissait la pierre angulaire de la future église sous le vocable Notre-Dame-de-Toutes-Grâces.

L’architecte de talent John Ostell en fit les plans et se vit confier la surveillance des travaux. (Au même moment, John Ostell construisait l’église St Ann à Griffintown.)

Dessin de la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce, tiré d’un numéro spécial du journal «Manoir-Echo » publié le14 septembre 1978, à l’occasion du 125e anniversaire de l’église.

Dessin de la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce, tiré d’un numéro spécial du journal «Manoir-Echo » publié le14 septembre 1978, à l’occasion du 125e anniversaire de l’église.

L’église dont on a célébré avec magnificence le 125e anniversaire, en 1978, et le 150e en 2003, fut bénite le 18 septembre 1853. Elle est de style rocaille ou jésuite du XVIIIe siècle et mesure 175 pieds de longueur sur 64 pieds de largeur. L’architecture en est robuste et sobre ; la façade ressemble à celle de la première église Notre-Dame de Montréal, dont John Ostell et les Sulpiciens voulurent consacrer le souvenir. Quand elle fut terminée, l’église de Toutes-Grâces dominait tout le Coteau et on pouvait l’apercevoir de très loin, même de la rive du fleuve.

En même temps que l’église, les messieurs de Saint-Sulpice firent construire, en pierre, un presbytère relié à l’église par un chemin couvert. Ce chemin couvert disparut en 1927, l’année même où fut terminée la construction de la chapelle Saint-Victor, du baptistère et d’un élégant campanile destiné à recevoir un carillon de cinq cloches que bénit Monseigneur E.Deschamps, évêque auxiliaire de Montréal, le 25 septembre 1927.

Une grande Fête des retrouvailles aura lieu le 7 novembre 2010, réunissant les citoyens désireux de contribuer à sauver ce bâtiment dont la survie est menacée. Pour en savoir plus:  www.eglisendg.com

Le monastère du Précieux Sang à l’origine:

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En 1927 les cloches du campanile de l’église Notre-Dame-de-Grâce furent consacrées lors d’une grande cérémonie, devant une foule enthousiaste. (Photos bibliothèque Fraser-Hickson)

 

Le premier orgue fut sans doute inauguré dès 1853 ou peu après, puisque déjà en 1855 il eût besoin de réparations. En 1898, on décida d’acheter un nouvel orgue dont le coût de 2 500 dollars fut entièrement défrayé par des souscriptions volontaires des paroissiens. Cet orgue, de facture ancienne et à soufflerie manuelle devint vite désuet et, en 1915, un bel orgue Casavant fut commandé. Cet instrument, très moderne à l’époque fut reconditionné et perfectionné en 1959 selon les directives de maître Paul Doyon, docteur en musique, qui fut titulaire des orgues de Notre-Dame-de-Grâce depuis le 1er octobre 1922 jusqu’à son décès en 1986. Monsieur Doyon, ce virtuose que l’on surnomme souvent ‘l’aveugle aux doigts de lumière’ fut l’une des personnalités marquantes de la paroisse. 

La maison de campagne des Sulpiciens, appelée Arche de Noé témoignait autrefois du caractère rural de Notre-Dame-de-Grâce. Elle était voisine de l'église Notre-Dame-de-Grâce du côté ouest (rue Girouard). Elle a depuis fait place à l ‘école primaire Notre-Dame-de-Grâce. (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)

La maison de campagne des Sulpiciens, appelée Arche de Noé témoignait autrefois du caractère rural de Notre-Dame-de-Grâce. Elle était voisine de l'église Notre-Dame-de-Grâce du côté ouest (rue Girouard). Elle a depuis fait place à l ‘école primaire Notre-Dame-de-Grâce. (Photo bibliothèque Fraser-Hickson)

Près de l’église, alors chauffée par un grand poêle, des remises occupaient au début du siècle, une large place, et chaque dimanche, les cultivateurs arrivant au village y logeaient chevaux et voitures. 

Après la messe des groupes se formaient sur le parvis ; on se racontait toutes les nouvelles du village, des rangs et des coteaux ; on parlait politique, agriculture et famille… Notre-Dame-de-Grâce est peut-être une des rares paroisses de Montréal où cette vieille et charmante coutume est encore à la mode. Les conversations ont un peu changé… mais on y parle encore politique et famille. 

La paroisse connut successivement trois phases quant à sa direction et à son administration. 

Tout d’abord succursale de la paroisse Notre-Dame de Montréal, Toutes-Grâces fut confiée aux Sulpiciens qui en furent les administrateurs jusqu’en 1867. Cette année-là marque un double événement dans l’histoire locale : l’érection canonique de Toutes-Grâces en paroisse et la remise de sa direction au clergé séculier. 

Une rare photo nous montrant l’ensemble des immeubles de l’église Notre-Dame de Grâce, du temps où elle avait toute sa... grâce : Le presbytère, converti en condominium dans les années 2000, l’église, et le vieux manoir, hélas détruit pour faire place à un immeuble sans caractère mais probablement plus... au goût du jour, comme le souligne cet article du journal Manoir-écho du 14 septembre 1978.

Une rare photo nous montrant l’ensemble des immeubles de l’église Notre-Dame de Grâce, du temps où elle avait toute sa... grâce : Le presbytère, converti en condominium dans les années 2000, l’église, et le vieux manoir, hélas détruit pour faire place à un immeuble sans caractère mais probablement plus... au goût du jour, comme le souligne cet article du journal Manoir-écho du 14 septembre 1978.

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En effet, par un décret daté du 3 mai 1867, Monseigneur Ignace Bourget érigeait la paroisse sous le vocable de Notre-Dame-de-Grâce. Le territoire comprenait alors Côte Saint Luc, la Côte Saint Antoine, le Coteau Saint-Pierre, et la Côte-des-Neiges, à partir des limites sud-ouest et nord-ouest de la Cité de Montréal.

La nomination du curé suivit de près l’érection paroissiale. Le choix de Monseigneur Bourget se porta sur Messire Napoléon Maréchal qui fut le seul curé séculier de Notre-Dame-de-Grâce. Son «règne », comme on avait coutume de dire, se termina en l’année 1900.

Au cours de la même année 1867, une partie du territoire de Notre-Dame-de-Grâce fut détachée et devint la paroisse Saint-Henri.

En 1901, Monseigneur Paul Bruchési, alors archevêque de Montréal érigea la paroisse Saint-Léon, comprenant tout le territoire de la ville de Westmount ; durant la même année, il érigea la paroisse de Notre-Dame-des-Neiges. Même diminué en raison de ces deux décrets, le territoire de Notre-Dame-de-Grâce demeurait encore très vaste.

Dimanche le 29 septembre 1901, Monseigneur Paul Bruchési procéda solennellement à l’installation des RR.PP. Dominicains, chargés désormais de desservir la paroisse qui comptait à ce moment 165 familles catholiques et environ 900 âmes.

Le territoire de Notre-Dame-de-Grâce fut de nouveau morcelé lorsque le 14 mai 1906, Monseigneur Paul Bruchési érigea la paroisse Saint-Pierre-aux-Liens dans sa partie sud-ouest. Nouveau morcellement le 14 mai 1909, au sud pour faire place cette fois à la paroisse Sainte-Clotilde.

Cimetière au sous-sol

Le maire Jacques Viger

Le maire Jacques Viger

Lors de la construction de l’église Notre-Dame-de-Grâce en 1853, l’affaire du cimetière fut l’objet d’un débat resté célèbre. En voici le résumé : les paroissiens avaient demandé qu’on réservât un terrain pour servir de cimetière aux gens de Notre-Dame-de-Toutes-Grâces et à ceux des côtes environnantes. L’affaire n’était pas encore réglée lorsqu’en juillet 1853 la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal décidait d’ouvrir un nouveau cimetière à Côte des Neiges. Il devait s’ensuivre que le Coteau Saint-Pierre et les coteaux environnants n’auraient pas leur propre cimetière. Soixante-douze paroissiens signèrent une requête pour obtenir la permission d’inhumer sous l’église, permission qui leur fut accordée par la dite Fabrique de Notre-Dame en 1854.

Une plaque commémorative apposée en 1958 sur la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce par la Commission des monuments et sites historiques confirme son inhumation en ces lieux. En voici le texte :

Une plaque commémorative apposée en 1958 sur la façade de l’église Notre-Dame-de-Grâce par la Commission des monuments et sites historiques confirme son inhumation en ces lieux. En voici le texte :

Et voici comment il se fait que le sous-sol de l’église Notre-Dame-de-Grâce devint un véritable caveau de luxe où il était de bon ton de se faire enterrer ! J’ai même ouï-dire que plusieurs personnes, habitant hors de la paroisse, avaient demandé et obtenu la faveur de reposer éternellement dans ce cimetière étrange. Les registres paroissiaux indiquent que de 1855 à 1910, plus de 300 personnes y furent inhumées. Le premier inscrit se nommait Benjamin Dominique Hurtubise, décédé le 11 janvier 1855 et la dernière personne à y être enterrée fut mademoiselle Mélina Décarie qui quitta ce monde le 4 août 1910.

Le fondateur de la Société historique de Montréal, premier maire de Montréal et auteur de la devise Concordia salus, M. Jacques Viger, y fut inhumé le 15 décembre 1858.

Il avait épousé en 1808 Marie-Marguerite de la Corne du Chapître de Saint-Luc, veuve du major Lennox dont elle avait eu deux filles, Marie-Charlotte et Anne-Marguerite et elle-même fille de Luc de la Corne, sieur de Chapître et de Saint-Luc et de Marguerite Boucher de Boucherville. Après la mort de sa femme, Jacques Viger vécut avec ses belles-filles dont l’une, Marie-Charlotte, fut aussi inhumée sous l’église en 1863. Les funérailles de Jacques Viger furent célébrées en l’église Notre-Dame de Montréal, paroisse où il avait sa résidence officielle. Pour quelle raison fut-il inhumé à Notre-Dame-de-Grâce ? Je crois avoir trouvé un indice dont je vous fais part sous toutes réserves ; sur le plan levé en 1778 par Me Péladau, j’ai relevé le nom de la famille Boucherville qui y figure comme propriétaire d’un emplacement vers la Côte-des-Neiges. Jacques Viger a vécu avec ses belles-filles. Il est bien possible que ces dernières possédaient encore à l’époque de sa mort une maison dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce.

078La cérémonie de sépulture précédant l’inhumation dans la crypte de l’église revêtait un caractère particulier qui nous semblerait quelque peu sinistre aujourd’hui. Après les funérailles célébrées solennellement dans le temple orné à profusion de banderoles noires frangées et brodées de larmes d’argent, les porteurs retiraient le cercueil du grand catafalque noir recouvert d’un drap funéraire et entouré de cierges : le cortège se rendait à l’arrière de l’église où, à la hauteur de la dernière colonne, une trappe s’ouvrait sur un sombre escalier dans lequel le clergé suivi des parents et amis s’engageait vers le cimetière de terre battue où une nouvelle fosse venait d’être creusée. Après cette pénible descente, la lueur des lampes fumeuses suspendues aux énormes poutres de troncs d’arbres entiers devait ajouter une note lugubre à cette cérémonie déjà impressionnante par elle-même et en faire frissonner plusieurs…

À compter de 1910, le cimetière de la crypte fut fermé ; cependant, le 2 novembre de chaque année, jour de la Commémoration des morts, les paroissiens s’y rendaient en pèlerinage après la messe de huit heures. La fameuse trappe n’existait plus ; on pénétrait dans la crypte par la porte latérale de l’église du côté du monastère. Je me souviens d’y être allée une fois : ces lieux si bien entretenus autrefois, paraît-il, et depuis lors laissés à l’abandon, n’inspiraient plus que pitié. Une pierre tombale adossée au mur et recouverte de poussière et de fils d’araignée attira mon attention ; on y lisait cette épitaphe : « Ci-gît mon épouse bien-aimée ; passants, priez pour elle ».

La population de Notre-Dame-de-Grâce s’accrut rapidement ; l’église s’avéra trop petite pour contenir la foule des paroissiens. Si bien qu’au début de 1949, le père Henri-Marie Bradet, O.P., curé ce temps-là, convoqua les marguilliers, «anciens et nouveaux » pour leur soumettre un important projet : donner une vocation nouvelle au sous-sol de l’église en y construisant une vaste chapelle de 800 places.

Projet de taille si l’on en considère tous les aspects : réfection complète du plafond aux poutres de bois rond, des systèmes de chauffage et d’éclairage, installation de gicleurs automatiques, addition d’un plancher et pose de revêtement aux murs, ameublement et décoration du nouveau sanctuaire, etc. Tous ces détails furent sérieusement étudiés au cours de nombreuses réunions et les marguilliers adoptèrent le projet à l’unanimité le 7 juin 1949. Les travaux commencèrent dès la fin du même mois. Mais il restait un important problème à régler : la translation des restes des défunts du «défunt cimetière ». Il ne fallait surtout pas froisser les anciennes familles dont plusieurs membres reposaient sous la terre battue. Le père Bradet trouva la meilleure solution : tous les ossements furent attentivement et pieusement recueillis, puis déposés dans une fosse commune au-dessus de laquelle un petit monument fut érigé dans le transept est de ce qui était devenu le sanctuaire de Saint-Vincent-Ferrier.

Pour participer à  la campagne de financement lancée en décembre 2008 sous la bannière ‘Sauvons notre patrimoine… Let’s save our heritage’ :   www.eglisendg.com 

 

St.Augustine of Canterbury

L’église St. Augustine construite de 1919 à 1929

L’église St. Augustine construite de 1919 à 1929

L’église St Augustine aujourd’hui

L’église St Augustine aujourd’hui

St. Augustine of Canterbury, première paroisse irlandaise du même territoire, avait déjà été érigée en 1917. L’église est située sur le chemin de la Côte Saint Antoine à l’angle de la rue Marcil.  

Cette église a été vendue. Quant aux cérémonies religieuses de  la paroisse St Augustine of Canterbury, elles se tiennent à l’église Notre-Dame-de-Grâce. Et  le campanile de cette dernière loge actuellement les bureaux de la paroisse St-Augustine of Canterbury.
(Pour information: 514-486-4795)

 

Saint Ignatius of Loyola
La même année, soit en 1917, Saint Ignatius of Loyola devenait paroisse ; les cérémonies paroissiales se déroulaient dans la chapelle du Loyola College.

Saint Antonin
La paroisse Saint-Antonin fut érigée en 1927. L’église fut érigée sur le site d’une partie de la ferme que James Snowdon avait achetée le 8 septembre 1824 de Pierre Jérôme Hurtubise qui y tenait alors une auberge et exploitait un immense verger.

Saint Malachy
Saint Malachy’s Church, avenue Isabella, fut construite en 1938, aussi pour des catholiques anglophones. Saint Raymond dont l’église est située rue Saint-Jacques date également de 1938 et regroupe une population à forte densité italienne.

Santa Monica et Sainte Catherine-de-Sienne
Enfin Santa Monica, sympathique église irlandaise située rue de Terrebonne, et Sainte-Catherine de Sienne, rue Somerled, toutes deux érigées en 1950, sont les deux dernières filles de la paroisse mère de Notre-Dame-de-Grâce.

Saint Raymond
L’église Saint-Raymond, rue St-Jacques, rassemble à l’origine une population en majorité italienne.

St. Ansgar’s Danish Evangelical Lutheran Church
La St. Ansgar’s Lutheran Church ou Danish Evangelical Lutheran Church fut fondée en 1927 pour desservir la communauté de Danois alors fort nombreux à s’établir à Montréal. D’abord logée dans une église allemande sur Jeanne-Mance, elle subit quelques déménagements, jusqu’en 1963 où elle aménagea à son adresse actuelle de Notre-Dame-de-Grâce, au 4020 boulevard Grand. Elle continue d’être un centre d’où rayonne la culture de sa communauté et où les besoins aussi bien matériels que spirituels de ses fidèles sont pris en compte.